Historique

L’Université Réformée de Madagascar a lancé son premier programme de Master Recherche en Théologie (MTh) en 2008 sous sa forme actuelle. Cependant, on peut faire la remontée dès l’arrivée des premiers missionnaires protestants pendant la fin de la première décennie du XIXe siècle.

Les missionnaires pionniers protestants, Thomas Bevan et David Jones arrivèrent à Toamasina sur la côte est de Madagascar en 1818 où ils ont ouvert le premier établissement du modèle de l’école européenne au pays.

Bevan et Jones ont été envoyés par la Société Missionnaire de Londres (LMS). Après la mort de Bevan avec toute sa famille, Jones s’installa à la capitale, Antananarivo, en 1820. Il a fondé l’école royale cette même année.

Le 23 mars 1823, le roi Radama I a accepté l’alphabet Latin, proposé par Jones et ses collègues pour aider à écrire la langue malgache. À ce moment-là, seulement six personnes ont été en mesure de lire la langue arabe scripts en Imerina, le noyau central du pays. Au moment où le roi mourut en 1827, le nombre d’alphabétisés latins s’élevait à 4 000.

Les missionnaires enseignaient l’hébreu et grec pour les jeunes locaux pour les aider à traduire la Bible. Leurs classes constituaient une éducation théologique informelle de niveau universitaire avant l’apparition des écoles de théologie correcte.  Toute la Bible a été déjà traduite quand la persécution éclata en 1835.

La LMS a envoyé Dr Davidson pour mettre en place une école de médecine ainsi qu’un hôpital à Analakely, dans la capitale. Elle est ouverte deux ans après celle du gouvernement « Official Médical School ». Il s’éteignit en 1876 l’année de départ du fondateur.

Ranavalona II, une reine chrétienne a été couronnée en 1868. Elle a facilité l’établissement d’une formation adéquate des pasteurs sous la forme d’une Académie Théologique, une copie du modèle Academy de non conformistes en Angleterre, en 1869.

L’Académie de théologie a été mise à niveau vers un General College de la LMS en 1874  «tout en continuant sa mission spéciale de formation des évangélistes et des pasteurs, prévoyant un enseignement supérieur pour les jeunes hommes ».

Le bâtiment du General College LMS a été saisi par les autorités coloniales Françaises en 1897. Malgré plusieurs tentatives pour préserver son dynamisme éducationnel, l’activité du General College  a connu un changement considérable. La  SMEP (Société des Mission Evangélique de Paris), a changé son nom et devint  MPF (Mission Protestante Française) dans un souci de soutenir l’église malgache depuis l’attaque de la puissance coloniale. Mais son intervention n’a pas abouti compte tenu de la conjoncture politique d’alors ; en 1910, il  a été fermé ; l’Eglise a perdu son établissement d’enseignement supérieur pour l’Eglise et la société. Sont restés et développés, depuis environ 70 ans, des écoles bibliques et collèges pastoraux, dirigés par diverses dénominations d’origines réformées.

Le mouvement œcuménique a joué un rôle clé pour l’émergence  de  l’Eglise de Jésus-Christ à Madagascar en 1968. L’union des églises de traditions congrégationalistes, réformées, presbytériennes et Quaker s’est concrétisé par la création du Collèges Théologique Uni d’Ivato de cette même année.  La formation théologique de niveau universitaire a été relancée par l’émergence de « l’Institut Protestant de Théologie » en 1979. Il est devenu « Faculté de Théologie » en 1983.

En 2008, le lancement du programme de Master recherche en théologie a matérialisé l’émergence de l’université Réformée de Madagascar de l’Église de Jésus-Christ à Madagascar (FJKM) dénommée Oniversity FJKM Ravelojaona (ONIFRA). Ce nom a été pris d’après le révérend Ravelojaona, un patriote bien connu, l’éditeur de la première encyclopédie Malagasy.

Le 17 Octobre 2010 a marqué le jour de la remise des diplômes de la première promotion du Master. Ce fut un signe d’espoir dans un pays sous le joug de graves crises politiques et morales. En Octobre 2014, la célébration du 140ème Anniversaire du LMS General Collège et l’ouverture officielle, au sein de l’Eglise, de l’Université Réformée de Madagascar  en tant « qu’ONIVERSITY FJKM RAVELOJAONA » était prise comme la résurrection de la première Université de Madagascar.

Le programme de formation Théologique et d’Etudes Religieuses ainsi que l’École doctorale d’études inter-épistémiques de l’université a été officiellement reconnue par le ministère de l’Enseignement supérieur et des recherches scientifique le 11 et 12 Décembre 2018. Le nom juridique de la  Faculté de Théologie selon l’habilitation du Ministère est devenu « Ecole Supérieure de Théologie et d’Etudes Religieuses » mais les programmes de formation professionnelle pour le ministère pastorale et le processus de recrutement des étudiants et des corps enseignants ne  changent pas.

OBJECTIFS DE LA FORMATION:

Force est de constater que la source de la culture moderne et de l’identité de la nation malgache proviennent de l’esprit du protestantisme hybridisé avec la philosophie et la vision du monde des dirigeants précoloniaux, dont ni les missionnaires, ni  la puissance coloniale n’a pu éradiquer[1]. A cet effet, l’objectif global des formations délivrées à l’Université est de former des pasteurs et des laïcs pouvant converger d’une manière hybride la tradition Réformée de 16ème siècle et la culture Malagasy pour faire face à l’autodestruction de cette culture et de la société ainsi que l’ambigüité de l’esprit du protestantisme à Madagascar.

MISSION ET STRUCTURE DE L’UNIVERSITE

Mission

Dans le cadre des finalités générales selon l’objectif précité, l’ONIVERSITY FJKM RAVELOJAONA en tant qu’Université Réformée concourt aux missions suivantes :

  • La formation initiale et continue tout au long de la vie ;
  • La recherche scientifique, technologique, et éthique, la diffusion et la valorisation de ses résultats au service de l’Eglise et de la société. Tout cela repose sur le développement de l’innovation, du transfert de technologie lorsque celui-ci est possible, de la capacité d’expertise et d’appui aux associations et fondations, reconnues d’utilité publique, et aux politiques publiques menées pour répondre aux défis sociétaux, aux besoins sociaux, économiques et de développement durable ;
  • L’orientation, la promotion sociale et l’insertion professionnelle ;
  • La diffusion de la culture protestante réformée, en particulier à travers le développement des sciences humaines et sociales, et de la culture scientifique, technique et industrielle ;
  • La participation à la reconstruction de la Nation à travers l’enseignement supérieur et de la recherche ;
  • La cooperation Internationale.

Structure

Pour atteindre son objectif et accomplir sa mission, l’Université se veut être une Université Réformée, pluridisciplinaire composée des domaines suivants :

  • Domaine des Arts, Lettres et Sciences Humaines : Ecole Supérieure de Théologie et d’Etudes Religieuses (ESThER) ; Sciences du Tourisme
  • Domaine des  Sciences de l’Education : Institut de Formation et de Recherche Pédagogique (IFRP) ; Langues et Lettres Anglaises
  • Domaine des Sciences de la Société : Sciences de Gestion, Droit
  • Domaine des Sciences de l’Ingénieur : Génie Civil et Industriel ; Sciences Agronomique
  • Sciences et Technologies : Sciences de la Communication et Multimédia ; Sciences de l’Informatique
  • Domaine des Sciences de la Santé : Infirmier Anesthésiste ; Infirmier Généraliste ; Maïeutique (Sage-femme) ; Technicien de Radiologie

[1] F Raison-Jourde, Bible et pouvoir à Madagascar au XIXe siècle: invention d’une identité chrétienne et construction de l’Etat, 1780-1880, Collection « Hommes et sociétés », Paris, Karthala, 1991. Phares Mukasa Mutibwa, The Malagasy and the Europeans: Madagascar’s Foreign Relations, 1861-1895, London, Humanities Press, 1969. Alfred Randriamampionona, « Difference as ferment for the Hybrid Church: Analysis of Conflict within the Hybrid nature of the Church and Society », Manchester, 2012. Bouar A Gow, Madagascar and the Protestant Impact. The work of the British Missions, 1818-1895, London, Longman & Dalhousie University Press, 1979.

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